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Source: www.maliweb.net

Le ministre de l’Agriculture, Aghatam Ag Alassane,   était face à la presse le vendredi 25 novembre dernier dans la salle de conférence de la Direction des finances et du matériel de son département. Il s’agissait pour lui de faire le point de la campagne agricole 2011-2012. A l’issue donc de cette rencontre, il ressort que  sur une production de céréales estimée à 5.028 000 tonnes, seulement 3.907 830 sont disponibles. Ce qui ne couvre pas les besoins de la population.  Conséquence : un risque de famine est inévitable dans 160  communes du Mali.

Cette conférence de presse de bilan de la campagne céréalière de cette année était animée par le ministre de l’Agriculture, qui avait à ses côtés son homologue de la Communication, Sidiki N’Fa Konaté. A l’entame de  cette rencontre avec les journalistes, le conférencier a fait savoir que l’objectif visé était  de faire le bilan de la campagne agricole 2011-2012 et d’expliquer les mesures prises par le gouvernement pour faire face aux conséquences du déficit pluviométrique de la campagne agricole.

Dans un exposé liminaire, le ministre Aghatam a expliqué qu’en terme de pluviométrie, les hauteurs enregistrées ont été dans l’ensemble inférieures à celles de l’année dernière, mais similaires ou excédentaires par rapport à la normale 1971-2000. La crue a été caractérisée par un faible niveau sur tous les cours d’eau, occasionnant des pertes de superficies au niveau des systèmes de riziculture  de submersion contrôlée, libre et certains bas-fonds, a-t-il poursuivi. Selon le conférencier, les superficies perdues en céréales sont de 576 258 ha, soit un taux de 11,8%  en 2011-2012 contre 85 231 ha, soit 2% en 2010-2011. A en croire le ministre de l’agriculture, sur  une prévision attendue de 8 millions  tonnes, seulement 3 millions sont disponibles.

Face à cette situation, le gouvernement envisage d’acheter 45000 tonnes qui seront  distribuées gratuitement à des communes qui en ont le plus besoin. L’enveloppe prévue à cet effet  est de 20 milliards de FCFA, qui sera bientôt libérée par le ministre de l’Economie et des Finances. Le ministre de l’Agriculture, Aghatam Ag Alassane, a conseillé aux paysans de procéder dès maintenant à l’achat des céréales pour constituer leurs stocks avant la campagne prochaine où les prix risqueront de prendre l’ascenseur.


Ben Dao

 

Source: http://www.lafranceagricole.fr

L’Institut Oakland (Etats-Unis) a enquêté sur les investissements fonciers au Mali, lesquels totalisent actuellement plus de 500.000 ha. Les quatre opérations examinées contreviendraient aux principes de la Banque mondiale régissant les investissements agricoles re­sponsables.

 

Selon ce rapport, les investisseurs étrangers constituent la majorité des grands investisseurs agricoles au Mali. La zone contrôlée par des intérêts étrangers a augmenté de deux tiers entre 2009 et 2010. A la fin de l'année dernière, au moins 544.567 ha de terres fertiles avaient été loués ou faisaient l'objet de négociation au Mali, selon les documents officiels. Le chiffre atteint 819.567 ha en tenant compte des plans d'extension non officiels.

 

Malgré la disponibilité limitée de terres arables et du nombre important de personnes souffrant de la faim au Mali, plus de 40 % des baux fonciers concernent des cultures dont la vocation est la production d'agrocarburants. Les baux qui ont pour objet la production des cultures vivrières n'ont pas, aux termes des contrats de cession, l'obligation de vendre leurs productions au Mali.

 

Des communautés locales affectées par ces opérations s'opposent à ces cessions et ont déjà signalé de sérieuses perturbations de leurs activités et des menaces sur leur mode de subsistance, mais elles ne disposent que de très peu ou d'aucune possibilité de concertation, de compensation ou de moyens pour contester ces opérations de cession. Le rapport évoque aussi « des abus violents et flagrants des droits hu­mains et des attaques sur la population de petits ex­ploitants ».

 

À ce jour, « aucune des quatre études de cas de cessions de terres [examinées par l'Institut Oakland] n'a ni respecté les principes de la Banque mondiale régissant les investissements agricoles re­sponsables, ni les principes de base et les mesures édictées par le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l'alimentation. »

 

L'étude passe en revue quatre investissements sur les terres de l'Office du Niger (ON) :

1. Malibya (filiale du fonds souverain de la Libye) : 100.000 ha, riz hybride et développement d'infrastructures (canal / route) ;

2. Moulin moderne du Mali (Mali) : 20.000 ha, blé et développement d'infrastructures (canal / route) ;

3. Hui coma / Tomota (Mali) : 100.000 ha, objectif déclaré « production d'huile alimentaire » mais prévoit de cul­tiver le jatropha ;

4. Petrotech-AFN Agro Mali (filiale de Petrotech-ffnUSA) : 10.000 ha, cultures oléagineuses / jatropha, mais tou­jours à la recherche de financement (à la fin de 2010).

 

Téléchargez le rapport de l'Oakland Institute sur les investissements fonciers au Mali.

Tuesday, 08 November 2011 17:44 Written by

LE SPECIALISTE DU MOIS

cette page accueille chaque mois, un invité ou plusieurs invités  spécialistes d'un des domaines de concernés par le portail.

Tuesday, 08 November 2011 17:10

Situation agricole : « GLOBALEMENT MOYENNE »

L'ESSOR /

Sur les 4 millions d’hectares cultivés, toutes spéculations confondues, les spécialistes estiment les pertes de récolte à 15%

La salle de conférence de la Direction nationale de l’Agriculture (DNA) a abrité jeudi et vendredi une réunion de concertation sur la situation de la campagne agricole 2011/2012. Le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Moussa Léo Sidibé, a rappelé à l’ouverture de la rencontre combien notre économie qui repose essentiellement sur le secteur de l’agriculture restait tributaire de la pluie et de la crue. Cette réunion de concertation est de la plus haute importance pour les pouvoirs publics, à un moment où les supputations vont bon train sur l’issue de la campagne. Elle permet, en effet, de fournir des repères sur un exercice agricole marqué par les aléas climatiques A l’issue de travaux intenses, la réunion a produit un rapport provisoire qui sera affiné ultérieurement par les services techniques.

En attendant, le directeur national de l’Agriculture, Daniel Kéléma, a jugé que la campagne agricole a été globalement moyenne. Des poches de sécheresse sont relevées çà et là, en raison notamment de l’installation tardive de la pluie et des importants déficits pluviométriques enregistrés. Cette situation affectera les niveaux de production céréalière. Dans la région de Kayes, des zones comme Kayes nord, Yélimané, Nioro du Sahel et Yélimané connaîtront une baisse des productions céréalières. A Ouéléssébougou, Kolokani, Nara, Banamba nord, les cultures sèches n’ont pas pu boucler leur cycle végétatif normal, ce qui affectera sérieusement la récolte. La situation est semblable à Yorosso (Sikasso), San, Tominian et Bla (Ségou), Tenenkou, Youwarou, Douentza, Mopti nord, Bandiagara, Djenné.

Et dans les régions les régions de Tombouctou et de Gao pour les mil/sorgho et le sorgho de décrue à Kidal. Sur les 4 millions d’hectares cultivés, toutes spéculations confondues, les spécialistes estiment les pertes de récolte à 15%. De façon générale, 60% des semis sont considérés comme tardifs en raison de l’installation tardive de la pluie sur certaines parties du pays. Ce sont les mil/sorgho qui ont le plus souffert des pertes de superficies (86%). Le riz de submersion libre et contrôlée a aussi été sérieusement affecté. En raison de la faible crue des fleuves, certaines cultures de décrue ne connaîtront pas beaucoup de succès. Par ailleurs, le coton enregistrera lui aussi des pertes évaluées à 23.000 hectares au niveau de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) et de l’Office de la haute vallée du Niger (OHVN).

La situation phytosanitaire est, elle, sous contrôle. Les services techniques chargés de la protection des végétaux et les brigades villageoises sont à pied d’œuvre pour circonscrire tous les dégâts des nuisibles signalés. Face à ce constat peu reluisant, le directeur national de l’Agriculture envisage des mesures d’accompagnement comme l’approvisionnement des zones déficitaires à partir de celles qui auront connu une situation meilleure, le renouvellement du stock national de sécurité alimentaire, la multiplication des semences R2 de riz pour permettre aux paysans de disposer de quantités suffisantes pour faire face à la prochaine campagne. Une esquisse du plan de campagne agricole 2012-2013 a ainsi été ébauchée.

Moriba Coulibaly

La 10ème mission conjointe d’appui technique Gouvernement du Mali - Banque Mondiale, et toute première mission de supervision de la deuxième phase du Programme de compétitivité et de diversification agricoles (PDCA), s’est tenue du19 septembre au 5 octobre 2011. Cette 10ème mission de supervision avait pour objectif d’évaluer l’état d’avancement du programme à 15 mois de la fin de la deuxième phase, de recenser les acquis à consolider.

La 10ème mission conjointe d’appui technique Gouvernement du Mali - Banque Mondiale, et toute première mission de supervision de la deuxième phase du Programme de compétitivité et de diversification agricoles (PDCA), s’est tenue du19 septembre au 5 octobre 2011. Cette 10ème mission de supervision avait pour objectif d’évaluer l’état d’avancement du programme à 15 mois de la fin de la deuxième phase, de recenser les acquis à consolider et d’assurer leur pérennisation après la fin du programme. La mission était composée, côté Banque mondiale de Madame Yéyandé Kassé Sangho, Chargée Senior des Opérations (Chef de Mission), Messieurs Agadiou Dama, Agronome Sr., Grahame Dixie, Spécialiste Sr. Agrobusiness, Stéphane Forman (Spécialiste Elevage), Mohamed Alhousseyni Touré (Consultant), Allahouri Amadou (Ingénieur en génie rural, Consultant) Jean-Claude Balcet (Agroéconomiste, Consultant), et Moussa Fodé Sidibé (Assistant d’Opérations).

Coté Gouvernement du Mali, les représentants étaient M. Abdoulaye Maiga, Conseiller Technique du Ministère de l’Elevage et de la Pêche (Chef de mission), Dr. Gagny Timbo, Coordinateur National du PCDA et les membres de son équipe, M. Racine Ly, Chercheur à l’IER et M. Bocar Touré Assistant Juridique à l’APCAM.

1ère étape, Bamako/Koulikoro Du lundi19 au mercredi 21 septembre, la mission a effectué une série de séances de travail, de visites de sous-projets, de démonstrations et de rencontres avec les acteurs des filières sélectionnées par le projet dans la région de Bamako/Koulikoro.

Parmi les activités de la première journée figurait la visite de la Société générale alimentaire du Mali, du promoteur Cheik Oumar Sanogo. Il s’agit de la réalisation d’une boucherie moderne dans le District de Bamako, d’un coût total de 49 833 605 FCFA, grâce à l’appui technique et financier du PDCA, à hauteur de 24 916 803 CFA.

Suivit le déplacement sur une parcelle de culture de papaye par irrigation « goutte à goutte », à Diagato. Un projet qui consiste en l’implantation d’un nouveau verger de papayers Solo n°8 à but commercial. Ici, la subvention du PDCA, qui est de 55% du montant, portait exclusivement sur la fourniture et la pose du château d’eau, l’installation du réseau d’irrigation goutte à goutte, l’acquisition de semences certifiées de papaye et le suivi de la mise en œuvre du projet.

A Katibougou, commune du Mandé, la mission Banque Mondiale - Gouvernement du Mali, a visité le projet de serre de culture de tomates hors sol du promoteur Amadou Sidibé. Celui-ci a bénéficié d’une subvention du PDCA d’une valeur de 25 000 000 FCA pour la pose des serres et des réseaux d’irrigation goutte à goutte.

Ségou, 2ème étape de la mission Dans la Cité des Balanzans, il fut question des aspects novateurs. Un autre objectif du PDCA, relatif à l’accroissement et à la diversification des revenus et des opportunités économiques en milieu rural. Aussi les travaux de la mission BM - Gouvernement du Mali ont-ils débuté par une séance de travail sur l’état d’avancement des activités. Après, se sont multipliées les visites des plantations commerciales et des unités de transformation et les rencontres, respectivement avec les membres du Bureau de l’Interprofession de la filière échalotes / oignon et d’autres acteurs de la filière et avec les membres du Bureau du Cadre de concertation de la filière papaye et d’autres acteurs de cette filière. Au terme de ces rencontres, les seuls problèmes soulevés par les acteurs furent celui du conditionnement et de l’obtention d’un équipement adéquat.

Mopti, 3ème étape de sa mission Les représentants de la BM et du Gouvernement du Mali ont eu plusieurs séances de travail avec la Coordination régionale de la 5ème région, avant de visiter les sous-projets appuyés par le PCDA. C’est ainsi que la mission a visité, entre autres, une unité de production de l’échalote sous système d’irrigation goutte à goutte à Diondéri. Le promoteur a profité de cette visite pour exprimer toute sa reconnaissance à l’appui apporté par le PDCA, puisqu’il produit désormais 18 tonnes d’échalotes par an, ce qui n’était qu’un rêve il y a quatre ans. A Tabagola, Bandiagara, la mission a visité l’unité de conservation et transformation d’échalote / stockage de l’échalote fraîche, toujours appuyée par le PDCA. Parallèlement, la mission a visité plusieurs unités de transformation et des sites de production laitière, de même que les unités de transformation de mangues et a rencontré tous les acteurs de ces deux filières.

Parmi les petites unités de transformation de lait visitées, celle de Moussa Cissé. Celui-ci produit du lait frais pasteurisé en sachets et du yaourt sucré sous différents conditionnements. Sa production maximale à pleine capacité portant sur 360 litres de lait cru par jour.

La production laitière est importante dans la Région de Mopti, aussi la mission s’est-elle rendue aussi dans les unités de production laitière de Ibrahima Koita et de Aguibou Maïga dit Baber. Deux promoteurs, parmi tant d’autres, qui ont bénéficié d’une subvention du PDCA pour le financement de leurs investissements et de leur fonds de roulement.

Le PDCA porte plus particulièrement son appui sur la stratégie d’élevage amélioré et, au niveau de la transformation, sur l’amélioration des équipements et l’emballage, en mettant un accent particulier sur l’hygiène. Pour boucler cette importante étape, la mission a rencontré, à Bandiagara, l’Interprofession des commerçants et producteurs.

Sikasso, dernière étape de la mission Les représentants de la Banque Mondiale et du Gouvernement, comme lors de toutes les étapes précédentes, ont eu plusieurs séances de travail avec la Coordination régionale, avant de procéder à des visites. C’est ainsi qu’ils ont visité les vergers commerciaux de Alassane Koné, Deydou Diamouténé et Abdoul Karim Sanogo. A cette liste s’y ajoutent des sous-projets : embouche bovine pour David et Yaya, transformation de l’anacarde pour Namaro Coulibaly et le séchage de mangues chez Youssouf Coulibaly. Parallèlement, la mission a rencontré les acteurs des filières bétail, viande, mangues et pommes de terre.

Au cours de la rencontre avec les acteurs de la filière mangue, le Président, Moctar Fofana, a fait remarquer que la campagne s’était déroulée difficilement à cause de la crise ivoirienne. « La crise ivoirienne n’a pas permis d’exporter le quota prévu, entraînant ainsi des pertes de production au niveau des champs, dans les magasins et sur le marché européen », a-t-il déploré.

Des acquis qui restent à consolider Au terme de la mission, la chef de mission de la Banque Mondiale, Mme Yéyandé Kassé Sango, a confié à la presse que le projet arrivait à maturité, malgré le retard accusé dans le choix des opérateurs. « Il y a quelque chose de nouveau. On ne connaissait pas la papaye solo, on ne connaissait que la grosse papaye. Nous avons donc fait venir des experts et, déjà, à Ségou il y a eu une première production. A Mopti, on a vu des unités laitières qui expérimentent un mode d’élevage différent. A Sikasso, dans le domaine de l’embouche, on enregistre la naissance d’entreprises rurales d’un type nouveau. C’est tout un travail à faire pour changer les mentalités et les méthodes » a-t-elle ajouté.

Concernant l’apport des technologies nouvelles, à l’exemple du « goutte à goutte », Mme Yéyandé Kassé Sango dira que c’est un investissement assez cher, avant de rassurer son auditoire, « on a un package qui fait accroître le rendement ». Pour conclure, elle dira : « les promoteurs sont bons et engagés. Leurs seuls besoins sont d’être formés et suivis ». Le Coordinateur du PDCA, emboîtant le pas à la représentante de la Banque Mondiale s’est voulu rassurant. « Le projet est satisfaisant. Beaucoup de résultats pertinents ont été enregistrés : une nette amélioration de la productivité et la valorisation de nos produits, grâce à l’introduction des technologies de transformation. Aujourd’hui, nos opérateurs sont compétitifs sur les marchés nationaux et internationaux. Certes, beaucoup de résultats positifs ont été atteints, mais, cependant, il reste à consolider les acquis et à élargir et à accélérer la diffusion des bonnes expériences pour obtenir davantage d’impacts sur les filières ».

Concernant la filière mangue, Dr. Gagny Timbo affirmera que des innovations très satisfaisantes ont été apportées pour résoudre deux contraintes importantes : la mise à la disposition de plants qui n’existaient pas au Mali (aussi fallait-il produire des plants de qualité et réduire le temps de production de ces plants) et l’irrigation de précision. Deux technologies appropriées à des vergers homogènes. Grâce à celles-ci, soutiendra-t-il, le rendement s’est accru et le temps nécessaire pour les vergers avant de produire s’est sensiblement réduit. D’autre part, on a orienté la production vers les marchés. Concernant la transformation, le Coordinateur affirmera que le PDCA a apporté son appui à la formation des artisans maliens qui fabriquent des fourneaux. « Aujourd’hui, le Mali exporte annuellement entre 26 et 30 tonnes de mangues séchées, au lieu de 5 tonnes auparavant. Les marchés internationaux sont pénétrés et le produit est de meilleure qualité. Nous avons donc décidé de passer à l’étape semi-industrielle ».

17 000 tonnes de mangues exportées en Afrique et en Europe en 2010 Et le Coordinateur du PDCA de préciser qu’en ce qui concerne la mangue fraîche, la Plaza (plantation sans arrosage) a été mise en place, ce qui permet de booster la production et la commercialisation. Avec l’installation de grandes plaques de conditionnement, la mangue fraîche est désormais mieux exportée vers l’Europe. En 2009, le Mali a exporté 6 500 tonnes de mangues fraîches contre 17 000 tonnes de exportées en Afrique et en Europe en 2010. Ce qui donne un chiffre d’affaire de 8 à 12 milliards de FCFA, faisant ainsi de la mangue le premier produit d’exportation de notre pays. Il ne faut pas oublier, pour ce qui concerne la pertinence de ces statistiques, que la mangue du Mali n’était pas présente sur le marché européen jusqu’à une date récente. Concernant les échalotes, le PDCA, selon Dr. Gagny Timbo, a travaillé sur 3 plans : les semences, la disponibilité des variétés, demandées et reçues à temps, et, enfin, l’irrigation, avec l’introduction de la technique du « goutte à goutte ».

Agro-industrie : Passage au semi-industriel avec le PCDA

Entré en vigueur en 2006, le Programme de compétitivité et de diversification agricoles (PDCA) a apporté une nette amélioration de la production agricole des filières sélectionnées. Deuxième pays africain exportateur de mangues après la Côte d’ivoire et troisième exportateur mondial d’échalotes, le Mali ambitionne de passer au niveau semi-industriel.

La réalisation d’un programme pluriannuel d’investissements visant au renforcement de la compétitivité et à la diversification des productions agricoles, halieutiques et animales, grâce à un crédit approuvé en juillet 2005 par la Banque Mondiale porte déjà ses fruits.

A 15 mois de la fin du projet, des résultats forts encourageant ont été obtenus, si l’on s’en tient aux résultats de la mission de supervision Banque mondiale - Gouvernement du Mali, dirigée côté Banque par Mme Yéyandé Kassé Sangho.

Filière mangue : grâce à l’introduction de nouvelles technologies, la nouvelle donne est désormais de faire des vergers commerciaux, avec un appui particulier à la transformation. Aujourd’hui, le Mali exporte entre 26 à 30 tonnes de mangues sèches. Quant à la commercialisation, les marchés internationaux sont pénétrés. Avec un chiffre d’affaires de 8 milliards de FCFA, la mangue est devenue le premier produit d’exportation du Mali. Les exportateurs n’ont plus de problèmes de marché. Seul handicap, aucune banque ne finance la filière. Aussi le PDCA a-t-il pensé que les différents maillons de la filière devaient avoir une force de proposition et a, à cet effet, organisé l’interprofession. Filière échalotes : une filière prioritaire pour le PDCA, car le Mali est le troisième exportateur mondial d’échalotes, avec une production d’environ 230 000 tonnes par an

Filière viande / bétail : le sous-secteur de l’élevage procure près de 10% du PIB et environ 11% des recettes d’exportation du Mali. Le Coordinateur du PDCA, Gagny Timbo, soutient qu’il y a des succès solides à renforcer, mais qu’il faut prendre des dispositions pour que les filières soient pérennisées. Selon lui, Il reste à consolider le verger commercial, à renforcer l’interprofession, à installer des infrastructures de conditionnement dans les principaux bassins et à développer le petit secteur connexe privé à travers le pays. Il s’agit ici des personnes qui installent les goutte à goutte ou qui fabriquent des séchoirs, bref les services d’appui qui ne sont pas du ressort de l’Etat. « Aujourd’hui que les marchés internationaux sont pénétrés et que nos produits sont de meilleur qualité, il nous faut passer à l’état semi-industriel ».

Source : Pierre Fo’o Medjo ;

22 septembre

Tuesday, 08 November 2011 16:36

BILAN DE LA CAMPAGNE MANGUE 2011

Si globalement la campagne mangue 2011 peut être considérée comme satisfaisante en termes de volume, les contraintes fortes liées à la logistique, au démarrage de la campagne et à l’infestation des vergers ont provoqué un manque à gagner certain des acteurs liés à l’exportation de la mangue fraîche par voie maritime.


BILAN DE LA CAMPAGNE MANGUE 2011 D’importants volumes commercialisés malgré des contraintes fortes.

 

Compte tenu de ses fortes potentialités sur les maillons production, transformation et commercialisation, la filière mangue est une des filières d’intervention du PCDA, identifiée comme prioritaire dans les bassins de Sikasso et Bamako/Koulikoro Les résultats de l’étude d’évaluation du potentiel de production de mangues par le système de géo-référencement (télédétection) réalisée par le PCDA en 2008, ont montré que le Mali dispose d’un potentiel de production de plus de 574.000 tonnes (pour toutes variétés confondues). Les principaux bassins de production se situent dans les régions de Sikasso (cercles de Sikasso, Bougouni, Yanfolila, Kolondieba) et de Bamako/koulikoro (Koulikoro, Kati, Kangaba, Baguineda).

Les principales variétés sont : • Les variétés locales (mango vert, mangotine) • Les variétés d’exportation : la KENT, la KEITT et l’AMELIE. Les principaux marchés sont classés en trois catégories : • Le marché national : Bamako, Kayes, Mopti, Gao, et Tombouctou. • Le marché sous-régional : Côte d’Ivoire, Sénégal, Mauritanie, et le Burkina-Faso. • Le marché Européen et Hors Europe : France, Hollande, Belgique, Espagne.

PREVISIONS DE LA CAMPAGNE 2011

Prévisions de commercialisation ( tonnes ) :

  • La chaîne d’approvisionnement mangue fraiche d’exportation
  • par voie maritime sur les marchés européens : 7 420
  • La chaîne d’approvisionnement mangue fraiche d’exportation par voie aérienne sur les marchés internationaux  : 1 000
  • La chaîne d’approvisionnement mangue fraîche pour l’approvisionnement des marchés urbains dans la sous région : 6 200
  • La chaîne d’approvisionnement mangue séchée pour l’approvisionnement des marchés urbains sous régional et de niches d’exportation : 40

REALISATIONS CAMPAGNE 2011 (en tonnes)

  • chaîne d’approvisionnement mangue fraiche d’exportation par voie maritime sur les marchés européens : 2 253
  • chaîne d’approvisionnement mangue fraiche d’exportation par voie
  • aérienne sur les marchés internationaux  : 874
  • chaîne d’approvisionnement mangue fraîche pour l’approvisionnement
  • des marchés urbains dans la sous région : 14 849
  • chaîne d’approvisionnement mangue séchée pour l’approvisionnement
  • des marchés urbains au niveau national/sous régional et de niches d’exportation : 27

CHIFFRE D’AFFAIRES GENERES PAR LA FILIERE EN 2011 ACTEURS CHIFFRES D’AFFAIRES CFAPRODUCTEURS 1 368 450 000 PISTEURS 547 225 000 EXPORTATEURS (VOIE MARITIME) 1 293 222 000 EXPORTATEURS (VOIE AERIENNE) 1 576 696 000 EXPORTATEURS (SOUS REGIONAUX) 3 712 250 000 MANGUE SECHEE 81 000 000 TOTAL 8 578 843 000

  • Prix moyen d’achat au producteur : 75 francs le kilo
  • Prix moyen de vente par les pisteurs dans les stations : 175 francs le kilo
  • Prix moyen de vente sur le marché sous régional : 250 francs le kilo
  • Prix moyen de vente mangue bateau : 0.87 Euro par Kilo
  • Prix moyen de vente mangue avion (RUNGIS) : 2.75 Euro par Kilo
  • Prix moyen de vente mangue séchée : 3000 francs le kilo

Les prix moyens de vente ci-dessous sont des prix rendus destination.

ANALYSE DES RESULTATS DE LA CAMPAGNE 2011

Pendant la campagne 2011, plusieurs facteurs ont perturbé le déroulement normal de la campagne de commercialisation. Parmi ces facteurs, les principaux sont :
- le problème de logistique lié au transport maritime : Le démarrage de la campagne d’exportation vers l’Europe par voie maritime a été fortement perturbé par la fermeture du port d’Abidjan, pratiquement jusqu’en mi mai, suite à la crise sociale et politique.
- l’expédition précoce des mangues immatures sur les marchés européens et mauritaniens qui a provoqué le ralentissement des demandes dans un deuxième temps.
- la prolifération d’une nouvelle espèce de mouche de fruits inféodée au manguier « Bactrocera invadens » qui a précipité l’arrêt de la campagne d’exportation après les premières pluies.

Malgré ces problématiques majeures, 17 976 tonnes (contre 12 000 tonnes en 2010) de mangue fraîche ont été exportées au cours de la campagne de commercialisation 2011 : 2 253 tonnes par voie maritime, 874 tonnes par voie aérienne et 14 849 tonnes sur les marchés sous régionaux. Il est confirmé par les statistiques d’exportation que les expéditions vers la sous régions à savoir le Ghana, le Sénégal, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Maroc ont largement bénéficié des difficultés d’expédition vers l’Europe. Aussi, parmi ces quantités exportées vers la sous région, une part non négligeable est réexportée vers d’autres destinations principalement à partir du Sénégal et du Burkina Faso.

Sur le plan national dans les principaux marchés des bassins de Sikasso et de Bamako/Koulikoro le niveau d’approvisionnement a été de 5 220 tonnes.

Les grands perdants de cette campagne sont les acteurs de la chaîne d’approvisionnement de la mangue fraiche d’exportation par voie maritime sur les marchés européens. Les réalisations accusent un déficit de plus de 5000 tonnes par rapport aux prévisions faites en début de campagne.

Si globalement la campagne mangue 2011 peut être considérée comme satisfaisante en termes de volume, les contraintes fortes liées à la logistique, au démarrage de la campagne et à l’infestation des vergers ont provoqué un manque à gagner certain des acteurs liés à l’exportation de la mangue fraîche par voie maritime.

Tuesday, 08 November 2011 13:57 Written by

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